Lescure, Bordeaux (33)


concours
2013

site : Parc Lescure, Bordeaux | F
équipe : 2:pm architectures | dauphins | atelier Physalis
infos : MOA: Ville de Bordeaux
Le devenir du parc Lescure réside pour beaucoup dans la valeur que l’on voudra bien accorder au stade Chaban-Delmas et à l’usage de la plaine des sports qui l’accompagne. Aux yeux des Bordelais, c’est un équipement emblématique pour le patrimoine bâti qu’il représente, mais aussi pour son histoire et ses évolutions qui ont ancré définitivement cet objet architectural dans le tissu urbain de la ville. Aujourd’hui il est impossible de faire table rase d’un tel équipement, il fait la ville de Bordeaux. L’utilisation du stade comme grande enceinte sportive recevant des événements majeurs tant sportifs que culturels ne fait plus parti des scenarii envisageables aujourd’hui. Le sport de haut niveau, quel qu’il soit, a évolué de tel sorte que ce complexe sportif ne correspond plus aux attentes de ce type d’équipement tant pour l’accueil du public que des sportifs. Cependant, si les pratiques sportives ont évoluées, certains usages persistent. La pratique du sport n’a jamais faiblie dans les usages de proximité du quartier Saint-Augustin.
Notre projet s’attache à mettre en valeur les éléments architecturaux qui sont l’essence même du Parc Lescure. à la manière de ce que les villes ont pu faire d’un équipement comparable tombé en désuétude, les arènes de l’époque Romaine, notre réflexion porte sur tous les possibles du devenir du stade. Les arènes étaient comparables en ferveur aux stades de football d’aujourd’hui, et si certaines villes les ont progressivement oubliées au point de les confondre avec d’autres ruines antiques, d’autres ont réussi à jouer avec pendant des siècles pour toujours l’intégrer aux différentes évolutions de la Ville. Les arènes de Nîmes sont un bon exemple, progressivement abandonnées, reconverties en village fortifié servant de refuge à la population lors des grandes invasions, puis
transformé en véritable village du Moyen Âge jusqu’au 19° siècle avec ses rues et ses boutiques, puis nettoyées et progressivement restaurées pour accueillir des courses de taureaux en 1863 qui reçoivent une ferveur comparable à celle des stades populaires d’aujourd’hui. Malgré toutes ces transformations, les arènes de Nîmes sont les mieux préservées au monde car elles n’ont jamais cessé d’être utilisées.
Si le parc Lescure n’est pas inscrit à l’inventaire des monuments historiques, la valeur architecturale remarquable du stade est avérée. Pour ne rien s’interdire et ne pas avoir à regretter des actions irréversibles, il faut préserver l’intégrité du stade en conservant l’intégralité de sa structure, de ses coursives, de ses circulations, de ses escaliers et de ses toitures. Il faut lui conférer un statut mythogène pour qu’il puisse acquérir une valeur patrimoniale au même titre qu’un morceau de territoire précieux. Cette canopée de béton et ces voûtes seront alors perçues et préservées telles un grand lac ou une montagne sacrée.

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